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Histoire du prieuré

Publié le par CN

Le prieuré de Vauville fût fondé vers 1147 à l'initiative de Richard de Vauville qui dota généreusement à cet effet l'abbaye de Cerisy la Forêt dont dépendait les moines qui vienrent habiter le nouveau monastère. D'autres personnalités de la région s'associèrent à ces donnations qui comprenaient en particulier un terrain situé sur le mont Saint Michel de Vauville et la chapelle qui s'y trouvait.

C'est là que le prieuré fût établit.

Il fût placé officiellement sous la patronnage de Saint Michel. Cependant, il est connu depuis longtemps sous le nom de Saint Hermel (Ermel?) sans qu'aucun document connu ne justifie cette appellation sinon un roman publié vers 1845 par le publiciste J.B. Digard. Ce roman attribue la fondation du prieuré à Hermel, chevalier normand compagnon de Guillaume le Conquerant qui, désespéré du suicide de sa fiancée, quitta la Grande bretagne à bord d'un esquif en faisant le voeux d'établir un hermitage là où il aterrirait. La légende paraît d'ailleurs antérieure au roman car une carte du Cotentin datée de 1776 désigne déjà le prieuré sous le nom de Saint Hermel.

Il existe très peu de documents pouvant renseigner sur la vie du prieuré au cours des siècles. Le plus important est le journal des visites pastorales de l'archevêque de Rouen Eudes Rigaud qui vint au prieuré en 1250. Il y trouva quatre moines auxquels il fît de sévères observations pour leurs manquements aux règles de l'ordre de Saint benoît dont il faisaient partie. Il revint six ans plus tard, mais fît les mêmes constatations. On ne connait pas exactement la date où les bâtiments et les terres du prieuré devinrent une exploitation agricole. Peut-être vers 1777 où des travaux importants fûrent executés sur les bâtiments comme en témoignent deux linteaux datés de 1777 et 1786. En 1927, les locaux fûrent loués à une colonie de vacances qui les occupa jusqu'à la guerre en 1939.

Les troupes allemandes s'y installèrent en 1940 jusqu'en 1942, puis détruisirent systématiquement les bâtiments dont ils ne laissèrent que les murs, en piteux état d'ailleurs.

Les ruines restèrent à l'abandon jusqu'en 1958 où elles fûrent vendues.

Le nouveau propriétaire entreprit la restauration dont les travaux s'échelonnèrent sur vingt ans.

Le prieuré est situé à 90m d'altitude, au dessus de la baie de Vauville, dominant un vaste paysage qui s'étend du cap de Jobourg à celui de Flamanville, avec les îles anglo-normandes à l'horizon.

A l'intérieur d'une première enceinte, les bâtiments forment un quadrilatère dont le côté sud est constitué par la chapelle et l'ancien logis conventuel. A l'est, contigue à la chapelle se trouve la pièce qui, selon la tradition, était la chambre du prieur, prolongée par une grange. A l'ouest, un bâtiment bas était à usage d'étable. Le côté nord était formé par un pigeonnier carré et l'entrée à deux arcs en plein ceintre inégaux, classiques dans le nord cotentin.

Les murs de la chapelle, d'une exécution rustique avec chevet plat percé d'un triplet de fenêtres romanes datent probablement de XII° siècle. Une voute à trois travées de croisées d'ogives a été construite plus tard, probablement au XV° siècle. Elle est d'une exécution très soignée et porte sous la clef de voute centrale les armoiries des anciens seigneurs de Vauville qui ont quitté le pays pendant la guerre de cent ans: "de geules au pal fiché d'argent, accosté de six merlettes de même, tiercées". Deux culot de colonnes constituées par des mascarons très expressifs ont été malheureusement dégradés par les intempéries. Deux statues anciennes en pierre calcaire se trouvaient dans la chapelle. La première de Saint Michel, d'une facture très habile, et la seconde de Saint Hermel, plus rustique. Les morceaux en ont été retrouvés dans la lande ou dans le puit, après la guerre. Des sépultures ont été ménagées dans l'épaisseur d'un mur et sous le dallage. Elles contiennet probablement les corps d'un seigneur de Vauville et de son épouse, qui avainet exprimé publiquement le désir d'y être inhumés.

L'ancien logis contient des linteaux en accolade et des cheminées de pierre qui semblent dater le bâtiment de XVI° siècle avec probablement des remaniements au XVIII°.

Quant à la chambre du prieur, elle a été reconstituée avec des pierres provenant de l'ancien presbytère de Biville, sinistré pendant la guerre et qui a été reconstruit à neuf.

La chapelle a été inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuents historiques en 1975.

Le site du prieuré a séduit de nombreux peintres. Le plus célèbre est Jean-François Millet. Il y est venu souvent et en a fait des dessins, ainsi qu'un tableau qui est conservé au musée des Beaux Arts de Boston.

Histoire du prieuré
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